Le jour où j'ai décidé de passer le concours de Centrale

Au départ, même dans mes rêves les plus fous, je n’avais jamais imaginé intégrer une grande école parisienne ! Je viens de Toulouse, mes parents sont tous deux enseignants, l’un en histoire et l’autre en économie.  Rien donc ne me prédestinait à atterrir ici ! Certes,  nous avons à Toulouse une assez grosse communauté d’ingénieurs : ma ville est la capitale de l’aérospatial, le berceau d’Airbus et suscite de nombreuses vocations de pilote de chasse.  Mais pas chez moi !

Or il se trouve que j’ai toujours été assez bonne en maths. Cela m’a pris toute petite : mon frère m’appelait « Mademoiselle aime les problèmes ». Après la seconde, j’ai naturellement choisi une 1re S… et je me débrouillais toujours assez bien dans les matières scientifiques. Un jour, au cours d’une discussion sur l’orientation, mon prof de physique me dit qu’il me verrait bien en prépa scientifique. J’ai le bon profil… J’en parle à mes parents qui sont plutôt fiers de moi. Mes copines m’encouragent à suivre cette voie. En effet, nous avons de bonnes classes de prépas à Toulouse et on pouvait continuer à se voir souvent (c’est du moins ce que j’espérais !). C’est ainsi qu’après mon bac S (avec mention bien s’il vous plaît !) je me suis retrouvée en première année de prépa (PCSI) au lycée Déodat de Séverac.

Petit à petit, l’idée d’intégrer l’Ecole Centrale Paris a commencé à germer en moi. La première fois que j'en ai entendu parler, c'était au cours d’un forum d’information dans mon lycée. Une femme nous a présenté l’école, son projet éducatif et toutes les possibilités qu’elle peut offrir à ses étudiants. Avant, je n’avais jamais pensé que ce genre d’école puisse être pour moi, mais là, j’ai été tout de suite très séduite. Même si Centrale est une école d’ingénieur, elle offre une formation vraiment généraliste qui me correspond bien et surtout j’ai été attirée par le fait que tous les étudiants bénéficient d’une expérience d’au moins six mois à l’étranger au cours de leur cursus, et puis aussi par la diversité des enseignements proposés. J’avoue que le fait que peu de filles osent passer le concours a représenté pour moi un défi supplémentaire ! Je suis assez féministe dans mon genre !

C’est ainsi qu’un jour, je me suis inscrite via internet au concours  sur épreuves Centrale-Supélec. Je me suis donc organisée pour aller à Paris et j’ai habité sur le campus de Centrale le temps de passer les épreuves. Quand ils ont vu que c’était « pour de vrai », mes parents ont manifesté quelques signes d’inquiétude à l’idée que je puisse les quitter pour intégrer une école parisienne. Je crois qu’ils n’étaient pas tout à fait près à couper le cordon… !
Malheureusement pour moi - et heureusement (?) pour eux - je n’ai pas été admise !
J’avais le choix entre intégrer une autre école d’ingénieur ou passer en 5 ½ (= 3e année de prépa) pour retenter le concours l’année suivante. Finalement, l’envie d’aller à Centrale Paris a été plus forte… Je passais beaucoup de temps à chatter sur les forums et ce que j’en entendais me faisait de plus en plus envie. En particulier à propos de la vie associative ! Du coup, j’ai fait une troisième année de prépa au lycée Pierre de Fermat, toujours à Toulouse.  

Que tout le monde se rassure : c’est normal de galérer en prépa ! Heureusement, je suis restée dans ma région, ce qui me permettait de garder mes potes et de rentrer me faire chouchouter chez papa maman le week-end. Et quand c’était vraiment dur, je me motivais en pensant à tout ce que je ferais quand je serais dans une association à Centrale Paris ! 

Le 29 juillet 2009, j’ai appris que j’étais admise. Et le 15 octobre 2009 j’assistais à mon premier cours en tant que Centralienne !